JALOUSIE

Sous un parapluie

Un garçon amoureux

Une fleur à la vanille

Un jupon malicieux

Au pied d’une église

Des baisers de cerise

 

Une sentinelle de l’air

Et Dieu qui fait ses airs

De jaloux, de jalousie

 

Un trou sur le dossier d’une chaise

Et poussent les secrets d’un vieux prêtre

Jésus sur le cœur

Le sacrifice au bonheur

Et Dieu qui fait ses airs

De jalousie

 

Sur un banc de bagnole

Une petite culotte bat des cils

Un garçon fait des colles

En espagnol

Au pied d’une Église

Bon Dieu la gourmandise

 

Une sentinelle de l’air

Rivée sur un toit grand ouvert

La décapotable fait capoter la capote

La décapotable fait capoter… (beat box)

Et Dieu qui fait ses airs

Et Dieu qui fait ses airs

 

Votre attention s’il vous plaît

Le vol pour le ciel des rapaces

Décolle dans cinq minutes

Monsieur le prêtre

Réveillez-vous, vous bavez

… Jalousie

MAL LUNÉE

Houssée d’une fièvre vive

La mal lunée déchire sa laine

Des troupeaux d’ombres qui la suivent

Jusqu’au talon d’Achille

Qu’à cela ne tienne

 

Elle a froid elle a chaud

La belle la mal lunée

Elle a froid elle a chaud

La belle la mal lunée

 

À l’horizon ils éclairent ces lumignons

Elle veut rattraper ces voix claires à l’unisson

Mais quatre temps en arrière

Elle perd le souffle

Mais quatre temps en arrière

Elle perd le souffle y a rien à faire

 

Elle a froid elle a chaud

La belle la mal lunée

Elle a froid elle a chaud

La belle la mal lunée

 

Dix pas en arrière

Elle exaspère

Trop loin surenchère

Elle exaspère

 

Assise

Assise du haut de son perchoir

Armée

Armée d’un ridicule mouchoir

 

Une guitare sur les genoux

Elle pleure un coup elle pleure un coup

Une guitare sur les genoux

Elle pleure un coup

Un peu beaucoup passionnément

Un peu beaucoup passionnément

 

Ah l’artiste la triste

J’aurais voulu tant voulu être une artiste

Savoir m’exprimer mieux naître maman

Dans un champs de presse

Et courir comme les autres

Mais la paresse l’emporte sur ma sagesse

Je ne dérange personne

Mais l’on dit que je déconne un peu trop ma vie

La liberté de l’un dérange les pas sérieux des autres

La liberté dérange mais je n’assume pas cette faute

 

Sur ma calèche de voyageuse mal achevée

Je décore de flammèches mes histoires entartées

Convertie aux fantasmes et aux hallucinations

La musique chapeaute ma carapace de fer

Peu importe si je brûle en enfer

Mes croyances sont aussi fortes que les mots que l’on enterre

Sous la peau des pseudos musiciens

Qui jouent deux notes et ainsi font font font font

La cadence canotier avant matelot on abandonne la qualité

Pour faire des sous avec des sots

Des sous avec des sots

Des solistes qui ne tiennent pas la route

Sans trop manger leurs croûtes

Ils en viennent à se jouer de vous se jouer de nous

Et par-dessus tout clouer leurs atouts au plancher

À force de ne plus avancer

À force de ne plus avancer

À force de ne plus avancer

Mais avancer plus rapidement

Que la Mal Lunée

 

Oh elle est mal lunée

Oh elle est mal lunée

PETITE SOEUR

Petite sœur

Tu chausses des souliers un peu trop grands pour ta pudeur

Cours pas trop vite tu risques de tomber sur un cœur

Rester collée à lui

Te monter un château de bonheur

 

Tu passeras le pond des amuseurs publiques

Tu graviras les murs tressés de plantes magiques

Et rendue tout en haut

Fait gaffe au vertige

 

Oh toi âme de sœur tu décores ta nature

D’une saveur un peu casse-gueule

Ignore les ricaneurs puisque comme une cure

Toi la filleul de tous ces gros durs

Jamais tu ne resteras seule

 

Petite sœur

Tu vis ta vie comme sur un losange

Tu grimpes jusqu’au sommet puis tu dois redescendre

Le piano qui vomit un air un peu moins tendre

 

Tu connaîtras l’horreur des poupées de plastique

Des princes dont les épées ne sont que des cartons qui piquent

Et déçue de ton voyage tu redeviendras sage

 

Oh toi âme de sœur tu décores ta nature

D’une saveur un peu casse-gueule

Ignore les ricaneurs puisque comme une cure

Toi la filleul de tous ces gros durs

Jamais tu ne resteras seule

 

Petit sœur

Si jamais tes grosses chaussures capturent tes pieds d’ange

Envoie ta panique jusqu’à moi, rien ne me dérange

Je borderai tes terreurs et je me fous bien des heures

 

Je traverserai le pond des plaintes dramatiques

Je découperai les plantes tressant murs maléfiques

Et de l’autre côté je confisquerai ta gaine

De peine

 

Oh toi âme de sœur tu décores ta nature

D’une saveur un peu casse-gueule

Ignore les ricaneurs puisque comme une cure

Toi la filleul de tous ces gros durs

Jamais tu ne resteras seule

LA VALSE DES AMANTS

Je l’entends la ballerine

Qui s’effiloche dans la vitrine

Devant toutes ces lumières

Posées sur son jupon d’air

Et puis les cailloux qui se cassent

Sous les semelles qui jacassent

L’homme s’avance vers la lueur

Qui le transforme en vapeur

 

Va, la petite, va

Mais ne te précipite pas

Tu auras bien bonheur

De toucher aux nuances

De ces tierces démentes

Qui s’agitent peu souvent

Mais oh quand vient le moment

C’est joie qui avale tout

 

Joie couchée joie debout

C’est la valse des amants

Joie couchée joie debout

C’est la valse des amants

 

Oui je sens ces vagues tièdes

Qui cajolent les mouvements

Un flot d’émotions trop timides

Qui s’esquivent en un chant

Et sous les écailles miroitantes

De la vitre éclatante

Un doux baiser de buée

camouflant l’enchantement

 

Va, la petite, va

Mais ne te précipite pas

Tu auras bien bonheur

De toucher aux nuances

De ces tierces démentes

Qui s’agitent peu souvent

Mais oh quand vient le moment

C’est joie qui avale tout

 

Joie couchée joie debout

C’est la valse des amants

Joie couchée joie debout

C’est la valse des amants

LA PLUME QUI CRAINT

(va te faire foutre) 

Savais-tu que j’étais une bohème

Qui aime la vie sans façon

Sans façon

 

Rien à foutre

Rien à foutre des villages

Rien à foutre des maisons

Tout ce qui compte c’est de s’éloigner davantage

 

La routine elle me grignote les bottines

Est venu le temps où sont saturés les sabots

Est venu le temps du sabotage

 

Et va te faire foutre si tu ne veux pas comprendre

Va te faire foutre si tu ne veux rien entendre

Mais moi je m’en fous, de toi et de tous tes tralalas

S’il y a bien une seule et unique chose que je regrette

C’est que comme ma plume elle craint

J’aurais bien épousé le poète

 

Mais le poète il est dans un coin de l’Europe

Et je l’ai plaqué au galop(e)

Mais quelle salope

 

Je suis partie partie partie fini tout est fini

Reste plus qu’à goûter et recracher

La beauté de tout ce tas de pays

 

Et va te faire foutre si tu ne veux pas comprendre

Va te faire foutre si tu ne veux rien entendre

Mais moi je m’en fous de toi et de tous tes tralalas

S’il y a bien une seule et unique chose que je regrette

C’est que comme ma plume elle craint

J’aurais bien épousé le poète

 

Ailleurs les gens ne sont pas nécessairement plus beaux, plus grands

Juste que c’est différent et on est différent après

On apprivoise notre respiration

Après avoir tenté celle des autres

 

On porte ses jambes pour marcher courir séduire

Faire la pause sur une façade du monde puis repartir

Ici j’ai fait la pause trop longtemps

Ici où les rues sont bondées de nombrils ambulants

Et je croyais que tu étais une bête de vie

Et je me suis permis un tête à tête avec l’envie

Mais tu bouges beaucoup et parles plus que tu ne penses

Les mêmes gestes répétitifs 1-2-1-2 jusqu’à outrance

 

Et la routine elle me grignote les bottines

Est venu le temps où sont saturés les sabots

Est venu le temps du sabotage

 

(2x)

Et va te faire foutre si tu ne veux pas comprendre

Va te faire foutre si tu ne veux rien entendre

Mais moi je m’en fous de toi et de tous tes tralalas

S’il y a bien une seule et unique chose que je regrette

C’est que comme ma plume elle craint

J’aurais bien épousé le poète

GHOST

Ghost

we should all have a ghost

So he could wear our tears

and use them as a new skin

 

Smile

We should all draw a smile

On our face

Even if it’s a lie

It’s just a face

 

When your stomach hurts

‘cause you’re giving birth

to a lie

to a lie

 

stripping ‘til your bones fall down

that’s what you do

while he’s blowing around

 

And you dance

Oh together oh you dance

Cheek to empty cheek

His coldness mixed with your romantic skills

Let’s believe in those magic chills

Let’s believe

He feels them too

 

And you must stand

Like a stone in the desert

Oh you must stand

While the sands are holding your breath in the wind

And that ghost

Holding your foolish bloody hands

We must stand

Cause you and I

 

We’ve been on the road

For many, many years

The snowflakes in your eye never saw a tear

 

Je sais que je pendrai le blâme

Sans jamais être blême

Comme tu as embaumé mon âme

When last night

We killed

We killed a man

 

You’re so cold in your mind

You’re my walking stick when I feel blind

Oh Ghost

Will you be my ghost?

 

So I’ll give you all my tears

And you can make yourself a coat

Oh Ghost

Will you be my ghost?

 

Stripping ‘til my bones fall down

That’s what I do

while you’re blowing around

blowing around

 

Stripping ‘til my bones fall down

That’s what I do

while you’re blowing around

blowing around

 

You’re so cold in your mind

You’re my walking stick

When I feel blind

Oh Ghost

Will you be my ghost?

 

So I’ll give you all my tears

And you can make yourself a coat

Oh Ghost

Will you be my ghost?

IF YOUR ARMS

If your arms if your arms

Don’t wanna go don’t wanna go there

Well you don’t have to be honest

You’ll just have to do your best

And smile and lie right to my face

Cause it would be such a shame to leave me

 

And I don’t wanna waste my time

By letting you watch me bleed

And if I really want to die

I’ll do it, I’ll do it for real

And stop calling you

And stop calling you

To see if you care

 

Oh I am not a drama queen

Just because I enjoy crying

Watch my tears hit the ground

It’s a big pool I can swim in it

 

Be my dolphin come and save me

Be my dolphin come and save me

Be my dolphin come and save me

Be my doll

 

And if you arms if your arms

Don’t wanna go don’t wanna go there

Well you don’t have to be honest

You’ll just have to do your best

And smile and lie right to my face

 

Cause I don’t wanna waste my time

By letting you watch me bleed

And if I really want to die

I’ll do it, I’ll do it for real

And stop calling you

And stop calling you

To see if you care

 

I do like to cut my mind

With a broken bottle of wine

Thinking about you all the time

Drinking about you all the time

Then tell you a fake story

To get all your attention

Dance like crazy through a romance that is fiction

I might be a bit creepy

I might me a bit freak

I do hate when I’m lonely and

Can’t stand on my feet

But do not ever tell me that

I’m the drama queen of drama queens

Of drama queens of drama queens

 

Cause you do you do love me

Don’t try to deny it

And if you try to kick me out

Then I’ll fight for it

Pif paf pouf ouch

 

And if your arms if your arms

Don’t wanna go don’t wanna go there

Well you don’t have to be honest

You’ll just have to do your best

And smile

LAIDERONNE

J’aime bien attendre l’autobus quand il se met à pleuvoir

Et que les oreillers d’eau se transforment en abreuvoir

L’herbe sert de dortoir aux gouttes du ciel qui s’y reposent

Je cueille les plus jolies m’en fais un collier grandiose

 

Le soleil est trop violent avec ses rayons amers

On dirait un pamplemousse gros comme les fesses de ma mère

Ça me rend triste de voir le jour percer les chagrins d’amour

C’est bien mieux sous la pluie les larmes s’y mêlent et on oublie

 

Quand la température défile vêtue de sa chaude allure

Les restes de pluie qui forment des lacs et cachent le bord des routes

Me harcèlent comme des maringouins qui me soumettent aux piqûres

En exposant le reflet de ma carrure de mammouth

Au moins les petites balles mouillées viennent mitrailler les flaques de rue

Oui y a seulement la pluie qui accepte de m’aimer comme je suis

 

Elle ose toucher mes joues gonflées et mon front étoilé

J’ai un beau grain de beauté mais semblerait que c’est pas assez

On verra bien la tache qu’il y a sur l’œuvre de Michel Ange

Pourtant sur un laideron la poésie perd ses louanges

 

Et ces commentaires délétères que les humains me lancent

Se mêlent à mes vêtements et font que ma démarche perd ses hanches

Afin de répliquer je voudrais réviser mes arguments

Mais franchement j’y arrive pas même que je les appuis trop souvent

Les gens

 

Au moins les petites balles mouillées viennent mitrailler les flaques de rue

Oui y a seulement la pluie qui accepte de m’aimer comme je suis

 

La pluie m’aime

CHOCOTTES

Y a un chat qui miaule

J’attends qu’on décolle

Mais ma douce tutelle

Manque à l’appel

 

Y a un chat qui miaule

Mais pas de mère qui fredonne

Les balançoires rigolent

C’est l’air qui déconne

 

Frissons sous ma tuque

La peur sur ma nuque

Elle est nue, ma menotte

Et j’ai les chocottes

 

J’ai perdu mon gant

Sur toi parc néant

Comme un vieux perd sa canne

Moi, j’ai la promenade en panne

 

Y a un chat qui miaule

Pas loin de mon carrosse

Le félin s’affole

Et moi je deviens féroce

 

Frissons sous ma tuque

La peur sur ma nuque

Elle est nue ma menotte

Et j’ai les chocottes

 

Les pleurs aux aguets

Chaque craquement qui surgit

Je cherche je cherche

Et le minet aussi

 

Mais personne n’émerge

Du sommet de la butte

Je voudrais bien faire le guet

Mais je devrais faire des culbutes

Jamais

 

Frissons sous ma tuque

La peur sur ma nuque

Elle est nue ma menotte

Et j’ai les chocottes

 

Y a un chat qui miaule

BLUEBERRY PIE

Did you realise that your shoulders are still crying

On your head the boxes can’t stop closing

And opening again

 

With all those trembling lies

I would try to feed the mind

Before it starves to death

And corrupts every single field alive

 

The dying rivers

Do you remember when it smelled like blueberry pie

The day we tasted each other for the first time

 

When our eyes

Falling down like broken birds

Rolling in a sad forest

Sick and white as a giving birth mother

 

When the words just need to be placed on a tongue

Our lips are spilling everything

But it doesn’t matter

Cause everything has been told

 

The dying rivers

Do you remember when it smelled like blueberry pie

The day we tasted each other for the first time